Mise à jour le 23/11/2025
Bonjour,
Au cours des recherches que je mène actuellement dans les archives, je trouve des citoyens engagés volontaires, pendant la révolution, pour aller servir la nation, qui sont morts en service.
Comme un petit peu d'histoire de France ne fait pas de mal, je joins quelques pages concernant le Général Joubert et les volontaires de l'Ain.
Joseph Pilloud né à Rignat : Onzième compagnie des Canonniers volontaires de l'Ain, également appelé 1er bataillon de la Montagne ou 1er bataillon de Bourg, formé le 1er vendémiaire an II (22 septembre 1793). Entré le 1er mai 1793 au 3ème bataillon de volontaires nationaux du département de l'Ain. Il passe ensuite à l’Armée des Alpes. Il participe à la Campagne d’Italie puis à la Campagne d’Egypte avec Bonaparte en 1798 (bataille des pyramides, siège du Caire…). Il décède à l’hôpital d’Ajaccio le 14/12/1800. Il meurt à Ajaccio parce qu’il faisait partie des soldats rapatriés d’Égypte, envoyés se faire soigner dans les hôpitaux militaires de Corse.
Il est décédé de maladie, très probablement liée à son service dans l’Armée d’Orient.
Charles Berger né à Rignat : Il se porte volontaire en 1796, à 18 ans (il a du tricher sur son âge !), à la 53ème demi-brigade de ligne. Le Directoire votera une nouvelle levée de 200000 conscrits le 23 septembre 1798. La 53ème demi-brigade de ligne fait partie de l’avant-garde de l’armée mobilisée contre la deuxième coalition, sous le commandement des généraux Soult, Mortier et de La Val. Le 12 mars 1799, la France déclare la guerre à l’Autriche. Le Directoire oppose quatre armées à l'Autriche : Jourdan doit attaquer en Allemagne du Sud, Bernadotte doit protéger son flanc gauche, Schérer doit opérer en Italie du Nord et Masséna en Suisse. Les armées françaises sont partout en infériorité numérique, ce qui rend une offensive générale très aléatoire. Seul Masséna atteint le Vorarlberg. Les autres sont repoussés. Jourdan passe le Rhin mais il est bloqué à Ostrach et battu à Stockach le 25 mars 1799. C’est au cours de cette bataille que Charles Berger est fait prisonnier. Après Stockach, les prisonniers français sont généralement envoyés dans les dépôts austro-hongrois, souvent en Bohême, Moravie, Hongrie, ou dans les forteresses de Kufstein, Brünn, Olmütz, etc. Les conditions de détention y sont très dures : manque de nourriture, maladies (typhus, dysenterie), promiscuité, climat difficile. La majorité des soldats morts en captivité meurent de maladie, pas d’exécution.
Charles Berger est cité dans les états de service de la Première compagnie de l’observatoire : Sous-officier, caporaux et chasseurs : « Berger Charles, de Rignat (Ain), 18 ans Volontaire à la 53ème demi-brigade de ligne ; prisonnier de guerre, 25 mars 1799 ; mort en captivité ».
Jacques Berger né à Rignat : Entré au 9ème bataillon de volontaires nationaux du département de l’Ain le 28ème brumaire an 2 (18/11/1793). A l’hôpital depuis le 19 thermidor an 2 (6/8/1794) et rayé des contrôles à la revue le 1er messidor an 9 (20/6/1801). Décès à 24 ans le 20/10/1794.
Les bataillons de volontaires de l’Ain ont principalement été engagés majoritairement sur le front de l’Est (Alsace, frontière du Rhin) et intégrés aux demi-brigades lors des réorganisations de 1794–1796.